Un couteau en mémoire

couteau d'Anjou

Avant propos :

Une fois n’est pas coutume, une histoire de fabrication vraiment personnelle.

Il y a deux ans peut être même trois, un ami très proche aujourd’hui disparu m’avait offert un stage de fabrication de couteau. Il adorait les couteaux, il avait d’ailleurs fabriqué le sien quelques temps auparavant.

Le temps a filé, vous savez ce que c’est. Je crois même que j’avais un peu oublié le carton d’invitation au fond de mon tiroir. Quelle ne fut pas mon émotion quelques mois après sa disparition, en fin d’année dernière quand j’ai remis la main sur la précieuse invitation ! Puis, tout de suite, la frayeur. Et si c’était trop tard ? Cela aurait été une belle gaffe comme seul lui en avait le secret ! Je m’en serai voulu énormément d’avoir loupé ça. Ouf ! Et bien non.

C’est avec beaucoup d’émotion que la semaine dernière, j’ai fabriqué mon couteau d’Anjou.

A la mémoire d’Antoine…

Antoine Grimm 1971-2025

D’abord un lieu

Le rendez-vous est pris à l’Etablisienne un atelier ouvert en 2011, dans les locaux une ancienne entreprise de couverture plomberie A. Trébulle. (fondée en 1886) au 88 boulevard de Picpus, Paris 12ème.

Pour en savoir plus sur la maison Trébulle

Enseigne fabriquée par la maison Bougault (source : Comité d’histoire de la Ville de Paris)

L’endroit semble avoir été figé dans le temps.

Le coutelier et le couteau :

Antoine Faucheux de la coutellerie du Maine-Anjou est aux commandes. Il est le créateur de l’Anjou grand pliant qu’il nous propose de fabriquer. Ce couteau pliant artisanal mesure, ouvert 205 mm, fermé 116 mm, pour une longueur de lame de 85 mm.

le couteau grand Anjou

Au programme en 3 heures :

–> Découverte de la métallurgie et de la mécanique des couteaux

–> Assemblage des pièces métallique (déjà conçues) dont la lame en acier inoxydable

–> Rivetage des différentes pièces manuellement

–> Choix des manches dans une large sélection de bois provenant de l’Anjou et assemblage

–> Façonnage à la ponceuse à bande et Finition ponçage manuel

–> Huile de lin pour protéger et faire briller le manche

–> Affûtage (presque!)

La Fabrication :

pièces métalliques

Le kit de pièces métalliques : la lame, les deux platines, le ressort, les trois clous.

Le ressort est coincé entre les deux platines et attend la lame. ça va se compliquer !

Montage

On aperçoit en bas du manche (ici en haut de l’image), trois petits morceaux de bois qui permettent d’aligner les platines.

Il s’agit de glisser la lame dans le même axe que le ressort en le mettant en tension. Le coutelier après nous avoir laissé chercher, nous donne la solution, le bon geste pour aligner le tout.

Les clous sont passés à la meuleuse à bande.

Il faut choisir l’essence pour le manche en bois : pour moi ce sera du chêne.

Il s’agit maintenant de marteler les clous pour bloquer lame et ressort. Il ne faut pas de jeu.

Le manche est collé et vissé

Puis un 1er ponçage pour les jonctions bois métal et pour enlever le noir de la découpe Laser

Il est temps de (re)passer le manche à la meuleuse à bande pour qu’il prenne ses arrondis.

La finition au papier de verre grain 120 puis 220

Enfin la finition à l’huile de lin sur le manche sans oublier la goutte d’huile entre le ressort et la lame.

L’affutage est assuré par le coutelier car le geste nécessite précision et dextérité que je suis loin d’avoir acquis.

Merci à l’établisienne et à Antoine Faucheux, je repars avec un sacré souvenir.

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